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Dans l'atelier de l’artiste Geneviève Brozec, il y a toujours un projet en cours, une toile qui l'attend, une idée qui la porte. Geneviève a grandi à Lisbonne, dans une famille où la sensibilité artistique a toujours occupé une place de choix. Élève précoce, elle obtient son bac à 16 ans avant de partir étudier à la Sorbonne. Elle s'y nourrit de la richesse culturelle parisienne, de poésie et de patrimoine muséal.
Mais avant de se consacrer pleinement à la peinture, elle a vécu plusieurs vies. Vingt années passées dans l'industrie pharmaceutique lui forgent une solide expertise en relations publiques et en communication, jusqu'à la fondation de sa propre agence spécialisée dans le secteur médical et événementiel, accompagnant les laboratoires dans leurs lancements de produits en France. Puis vient l'appel du large : un départ en solo, en immersion sur plusieurs continents, pour se recentrer et observer la nature, les paysages, les populations et leur rapport au monde. Cette curiosité insatiable et ce besoin d'explorer se retrouvent aujourd'hui intacts sur ses toiles.
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C'est la pandémie qui agit comme un point de bascule. Quand le rythme du monde s'arrête, elle se met à dessiner, à écrire, puis à peindre. L'écriture vient en premier, mais elle se heurte à un écueil : un manque de pudeur, une exposition jugée trop directe. La peinture, en revanche, lui offre un espace de liberté d'expression qui lui convient vraiment. Selon elle, chacun peut faire sa propre lecture d'une toile, sans qu'il soit nécessaire de tout dévoiler. Cette période d'introspection intime confirme qu'elle a trouvé son mode d'expression le plus juste, la conduisant à se professionnaliser en tant qu'artiste peintre en 2023.Ce qui traverse ses œuvres, c'est un regard tendre et lucide sur le vivant. L'acceptation de la différence, la conviction que chaque existence — aussi modeste soit-elle — a sa place, et surtout, la préservation de cet émerveillement simple d'être en vie.
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Son style oscille entre abstraction et figuration, traversé par des couleurs vives, perçantes, tranchantes. Elle peint de façon intuitive, sans tout planifier à l'avance, en laissant le geste guider la couleur. Cette liberté se lit jusque dans ses outils : à côté de l'acrylique, du pastel gras et sec ou de l'encre, elle détourne des ustensiles de cuisine, comme une maryse, ou s'empare d'outils de construction. Une façon bien à elle de s'affranchir des règles et des cases sur ce qui est « fait pour » créer. Sur bois ou sur toile, Geneviève s'aventure aussi du côté de la sculpture. Parmi ses envies du moment, un projet se dessine : développer une série limitée de sculptures en résine époxy. Une nouvelle matière à apprivoiser.
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Sans nom, sculpture en bronze / Photo : GBrozec
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Sans nom, sculpture en bronze / Photo : GBrozec |
« Pour moi, l’art, et notamment la peinture, est la transcription d’un regard, un choix d’angle par rapport au monde. Cet angle est unique pour chaque artiste, parce qu’il est représentatif de son ressenti, de ses émotions, de sa culture et de son parcours de vie. L’esthétique peut être artistique à condition de contenir ces éléments. Sans cela, c’est de l’artisanat, très respectable au demeurant. »
À travers ses outils détournés et ses couleurs tranchantes, Geneviève Brozec ne cherche pas à plaire. Elle cherche à dire ce que les mots peinent parfois à porter. Et si son parcours prouve une chose, c'est qu'il n'y a pas d'âge pour créer, se réinventer et entreprendre. À 80 ans, elle continue d'apprendre, de tester et de se lancer dans de nouveaux projets, comme si tout restait encore à explorer.
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Faisceaux de rêvePhoto : GBrozec
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