Marc Franck Garcia, un acteur de la mode masculine engagée

 

Après des années passées au cœur de la mode masculine et du luxe, chez Dolce & Gabbana, Kenzo Homme, Loro Piana ou encore Slowear Venezia, Marc Franck Garcia a fondé ERVERTE Paris, une Maison de vêtements homme made in France. Fabrication 100% française, fibres exclusivement naturelles, pièces intemporelles pensées pour durer : avec ERVERTE, il défend une mode masculine durable, discrète et profondément attachée au produit.  

 

Quel est votre parcours ?

Mon parcours s'est construit pendant de nombreuses années dans l'univers de la mode masculine et du luxe, auprès de Maisons qui ont chacune façonné ma manière de comprendre le vêtement.

J'ai notamment travaillé pour Dolce & Gabbana, dont l'identité très forte m'a sensibilisé à la puissance d'un univers de marque ; Kenzo Homme, avec sa créativité et sa vision singulière du vestiaire masculin ; puis Loro Piana, une Maison qui incarne une culture exceptionnelle de la matière, de la qualité et d'un luxe discret, immédiatement perceptible dans le produit.

Mon expérience chez Slowear Venezia a également été déterminante. J'y ai notamment participé au développement du marché wholesale en France, avec une grande autonomie et au contact de professionnels expérimentés de l'industrie du luxe, dont certains avaient également évolué au sein de la Maison Zegna.

Ces expériences m'ont appris qu'un beau vêtement ne repose jamais sur un seul élément. C'est l'équilibre entre la matière, la coupe, la confection, le confort, la durabilité et l'identité qui lui donne sa véritable valeur.

C'est cette culture du produit et du vêtement masculin haut de gamme que j'ai voulu réinterpréter à travers ERVERTE Paris, avec une vision qui m'est propre.

Qu'est-ce qui vous a mené vers la mode, et plus précisément vers le vêtement masculin, dès le début de votre carrière ?

J'ai toujours été attiré par l'élégance masculine et particulièrement par sa capacité à exprimer beaucoup avec finalement assez peu.

Dans le vestiaire masculin, une pièce peut sembler extrêmement simple : un beau T-shirt, un polo, un sweat ou une chemise parfaitement coupée. Pourtant, lorsqu'on s'intéresse réellement au produit, cette simplicité demande énormément de précision. La différence se joue dans une proportion, un tombé, le poids d'une matière, la construction d'un col, une couture ou encore la manière dont le vêtement évolue au fil du temps.

C'est cette recherche de simplicité et de justesse qui m'intéresse depuis le début de ma carrière et qui est devenue l'une des signatures d'ERVERTE Paris.

Qu'est-ce qui a déclenché l'envie de lancer votre marque ?

Après plusieurs années dans l'industrie de la mode et du luxe, j'ai ressenti le besoin de construire un projet totalement aligné avec ma propre vision du vêtement.

La mode s'est progressivement engagée dans une course permanente à la nouveauté : davantage de collections, des cycles toujours plus courts, une production mondialisée et une utilisation massive de fibres synthétiques. J'ai voulu prendre le chemin inverse : créer moins, mais créer mieux.

Revenir aux fibres naturelles. Produire en France. Travailler avec des ateliers disposant d'un véritable savoir-faire. Imaginer des vêtements masculins intemporels, conçus pour être portés longtemps plutôt que remplacés au gré des tendances.

C'est de cette réflexion qu'est née ERVERTE Paris, avec la conviction qu'une Maison contemporaine peut proposer une autre vision de la mode masculine, dans laquelle l'élégance, la qualité et la responsabilité ne s'opposent pas, mais se renforcent mutuellement.

D'où vient le nom ERVERTE ? 

Le nom ERVERTE résume à lui seul notre projet. Il est né de la rencontre entre les mots « ère » et « verte » : l'idée d'une nouvelle ère pour la mode, plus respectueuse de l'environnement, des ressources et des personnes qui fabriquent nos vêtements.

C'est également l'origine de notre signature : « Bienvenue dans l'ère verte. »

Nous ne voulions pas simplement créer une marque de vêtements supplémentaire. Nous voulions défendre une vision : celle d'une mode qui retrouve le temps long, la qualité, la traçabilité et le respect du produit.

 

Pourquoi le choix d'une fabrication 100% française et de fibres exclusivement naturelles ? Qu'est-ce que cela change concrètement dans votre façon de travailler, au quotidien ?

Le Made in France et les fibres naturelles sont les fondations d'ERVERTE Paris. Ce ne sont pas des éléments que nous avons ajoutés par la suite pour répondre à une tendance. Nous avons fait dès le départ un choix particulièrement exigeant : fabriquer nos vêtements en France et développer nos collections exclusivement à partir de fibres naturelles, sans fibres synthétiques. Nous travaillons notamment le coton et le coton biologique, mais également des matières comme le lin et la soie.

Ce choix change énormément de choses dans notre façon de travailler. Produire en France implique des coûts de fabrication plus élevés et nécessite de rechercher les ateliers capables de répondre à nos exigences. Travailler uniquement avec des fibres naturelles réduit également le nombre de solutions techniques disponibles et nous oblige parfois à repenser complètement la conception d'un produit.

Mais ces contraintes sont précisément ce qui donne du sens au projet. La proximité avec nos partenaires nous permet de mieux comprendre la fabrication de nos vêtements, de construire des relations durables avec les ateliers et de participer, à notre échelle, à la préservation des savoir-faire textiles français.

Pour moi, le véritable luxe commence aussi par là : connaître l'origine d'un produit, comprendre comment il a été fabriqué et pouvoir être fier des personnes qui l'ont confectionné.

Qui sont vos partenaires de production ?

Nous avons fait le choix de travailler avec plusieurs ateliers français spécialisés, sélectionnés en fonction de leur savoir-faire et de la nature des pièces que nous développons.

Parmi eux, nous travaillons notamment avec ITHAC, un partenaire français qui occupe une place particulière dans notre démarche. ITHAC associe savoir-faire textile et engagement social en favorisant notamment l'emploi et l'inclusion professionnelle de personnes en situation de handicap. Certains de nos sweats en coton biologique sont ainsi confectionnés en France par ITHAC.

Cette collaboration illustre parfaitement notre vision du Made in France : produire localement ne consiste pas seulement à réduire les distances ou à inscrire une origine sur une étiquette. Il s'agit aussi de soutenir des savoir-faire, des emplois et un modèle de production plus humain.

Pour ERVERTE Paris, la qualité d'un vêtement est indissociable des conditions dans lesquelles il est fabriqué. Nous voulons savoir qui réalise nos pièces, valoriser le travail de nos partenaires et construire avec eux des relations durables.

 

Racontez-moi le développement d'une pièce, du premier croquis jusqu'au vêtement fini. Où se niche l'exigence, pour vous ?  

Tout commence par une question très simple : est-ce que cette pièce mérite réellement d'exister ? Nous ne cherchons pas à remplir artificiellement des collections ni à multiplier les nouveautés pour suivre un calendrier imposé.

Lorsqu'une pièce entre dans le vestiaire ERVERTE, nous réfléchissons d'abord à son usage, à sa silhouette et à sa capacité à rester pertinente dans le temps. Vient ensuite un travail essentiel sur la matière. Nous recherchons une fibre naturelle capable d'apporter le toucher, le confort, le tombé et la durabilité que nous souhaitons. Puis viennent le dessin, le patronage, le prototypage et les essayages. Les proportions sont ajustées jusqu'à trouver le bon équilibre avant de passer à la fabrication dans nos ateliers partenaires en France.

L'exigence se niche souvent dans ce que l'on ne remarque pas immédiatement : quelques millimètres sur une longueur, la tenue d'un col, le poids d'un coton, la densité d'une maille, la qualité d'une couture ou simplement la façon dont le vêtement tombe sur le corps peuvent transformer complètement une pièce.

Notre philosophie est finalement assez proche d'une forme de minimalisme : retirer ce qui est superflu pour ne conserver que l'essentiel, mais faire cet essentiel extrêmement bien.

Qu'est-ce qui vous anime le plus aujourd'hui dans ce métier ?

La liberté de construire une Maison selon mes convictions.

Nous évoluons dans une industrie où l'on demande souvent aux marques de produire toujours davantage et toujours plus rapidement. Chez ERVERTE, nous voulons au contraire préserver le temps nécessaire pour bien faire les choses. Ce qui m'anime aujourd'hui, c'est de construire progressivement un véritable vestiaire masculin français, de découvrir de nouvelles matières naturelles, de rencontrer des savoir-faire, de travailler avec nos ateliers et d'imaginer des pièces qui pourront toujours être portées et appréciées dans plusieurs années.

Il y a également une dimension humaine et de transmission qui me tient particulièrement à cœur. Lorsque nous faisons fabriquer un vêtement en France, nous ne fabriquons pas simplement un produit. À notre échelle, nous participons aussi au maintien d'emplois, de compétences et d'un écosystème textile français.

ERVERTE ambitionne de s'étendre au marché européen. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

C'est une étape naturelle dans le développement de la Maison.

ERVERTE est profondément française : dans son identité, dans son approche de l'élégance et surtout dans sa fabrication. Mais les valeurs que nous défendons dépassent largement les frontières françaises. Partout en Europe, une clientèle recherche davantage de transparence, de qualité, de belles matières et des vêtements capables de durer.

Notre ambition est donc de faire découvrir une certaine vision du Made in France et de la mode masculine française au-delà de nos frontières et de contribuer, à notre échelle, au rayonnement du savoir-faire français.

Mais nous voulons le faire sans dénaturer ERVERTE. Notre objectif n'est pas de produire toujours davantage simplement parce que nous accédons à de nouveaux marchés. Le développement européen doit rester compatible avec notre niveau d'exigence, notre fabrication française et notre volonté de conserver une croissance maîtrisée. L'Europe doit permettre à ERVERTE de rayonner, pas de renoncer à ce qui fait son identité.

 

Où voyez-vous la marque dans les années à venir ?

Je vois ERVERTE continuer à construire progressivement son propre langage et devenir une référence du vestiaire masculin Made in France.

Notre ambition est d'enrichir le vestiaire de la Maison autour de pièces essentielles et intemporelles, toujours fabriquées en France et conçues exclusivement à partir de belles fibres naturelles. Je souhaite également renforcer progressivement notre présence en Europe et faire découvrir davantage le savoir-faire textile français à une clientèle internationale.

Mais ma vision de la réussite n'est pas nécessairement celle d'une marque qui devient gigantesque. Je préfère qu'ERVERTE grandisse de manière cohérente, conserve son indépendance et reste extrêmement exigeante sur ses produits.

Les grandes Maisons qui ont marqué mon parcours m'ont appris que le véritable luxe ne se mesure pas au nombre de collections que l'on lance ou à la visibilité d'un logo. Il se trouve dans une matière que l'on a envie de toucher, dans une coupe que l'on continue d'aimer après plusieurs années, dans un savoir-faire que l'on préserve et dans la confiance que l'on construit avec ses clients.

C'est cette idée du luxe que je souhaite défendre avec ERVERTE Paris : un luxe français contemporain, discret, durable, humain et profondément attaché au produit.  

Cet article contient une collaboration commerciale avec ERVERTE Paris.